Les relations avec son directeur de thèse : pourquoi est-ce (parfois) si difficile?

C’est LE sujet qui anime les conversations entre doctorants et ne peut en laisser aucun indifférent : le directeur (ou la directrice) de thèse. Aborder ce sujet, c’est ouvrir les vannes de toute une gamme de sentiments. Citons parmi les plus fréquents :

  • la peur du jugement (« qu’est-ce que le directeur pense de ma thèse… et de moi ?! ») ;
  • l’espoir démesuré (« aimera-t-il mon travail ? Va-t-il m’aider ? ») ;
  • la colère (« mon travail ne l’intéresse pas, il ne répond même pas à mes courriers… »).

Bref, la relation entre un thésard et son directeur, ce n’est pas un long fleuve tranquille. Je ne prétendrai pas ici faire le tour de cette question, mais commencer à expliquer la source de quelques problèmes relationnels parmi les plus fréquents.

L’encadrement de thèse : un apprentissage « sur le tas »

Le master vous avait peut-être donné un aperçu de la relation avec un directeur de recherches, mais la longueur et l’intensité émotionnelle du travail de thèse sont inédites ; et en fait, rien ne vous prépare vraiment au type très particulier de relation d’apprentissage qui va se tisser avec votre directeur. Là encore, comme cela arrive souvent en doctorat, vous comprendrez sur le tas les codes du milieu et ce que l’on attend de vous, et ce processus peut apporter son lot de désenchantement.

Mais si vous, doctorant, n’êtes pas préparé à cette drôle de relation maître/élève, dites-vous que votre directeur… ne l’est pas forcément non plus !

On devient directeur de recherches après avoir passé une HDR (Habilitation à Diriger des Recherches). Or, c’est par la réalisation d’un travail de recherche que l’on atteint ce niveau ; l’obtention de l’HDR n’implique pas une formation à l’encadrement de recherches, aussi étrange que cela puisse paraître.

Cela ne signifie pas que les directeurs de recherches sont nécessairement des incompétents, heureusement ! Mais plutôt qu’ils se forment sur le tas… eux aussi ! Et que les critères d’une bonne direction de recherches ne sont pas clairement explicités. Dans son ouvrage « le doctorat, un rite de passage », Laetitia Gérard note qu’il y a trois moyens pour un enseignant-chercheur d’acquérir des compétences de direction de thèse : l’échange avec ses pairs ; l’expérience même de l’action (par laquelle on tendrait normalement à s’améliorer avec le temps !) ; et le souvenir de sa propre thèse (on tend à reproduire ce qu’on a apprécié, et à éviter les méthodes dont on a un mauvais souvenir). J’ajouterais qu’une certaine capacité d’empathie n’est jamais de trop pour mieux comprendre les besoins de ses doctorants…

La conséquence évidente de cette acquisition empirique des compétences pour encadrer une thèse est que les pratiques sont variables d’un directeur à l’autre ; et que les thésards ne savent pas trop ce qu’ils sont, ou pas, en droit d’attendre de leur principal interlocuteur.

Les attentes du doctorant et celles du directeur

Vous l’aurez compris : entre le directeur et son doctorant, le contexte est propice aux malentendus, car il y a beaucoup de non-dits. Non seulement les rôles de chacun ne sont pas toujours très clairs, mais qui plus est, les attentes des uns et des autres divergent.

Certains doctorants veulent se sentir très suivis et très encadrés, d’autres préfèrent l’autonomie ; aspirant doctorant, il convient pour vous de trouver un directeur qui correspond à votre façon de travailler (soyez attentifs au bouche à oreille au moment de choisir votre directeur). Mais au-delà de ces divergences de cas, on observe plus généralement que les doctorants ont une représentation particulière de la relation idéale avec un directeur, souvent éloignée de la réalité.

émotion versus intellectLes jeunes chercheurs attendent de leur directeur des qualités relationnelles et une attention personnalisée ; c’est un point que remarque Laetitia Gérard dans son ouvrage et que d’autres recherches ont également souligné. Surtout en début de thèse, les doctorants ne s’attendent pas à une relation neutre ou strictement professionnelle : ils veulent parfois un vrai accompagnateur, un coach ! Or, les directeurs, eux, ne veulent pas « materner » le doctorant.

Cette situation peut, si les deux parties ne s’ajustent pas au fil du temps, provoquer incompréhensions et frustrations. Les directeurs ont parfois une perception plus restrictive de leur travail que celle qu’en ont les doctorants. Ou disons plutôt que les directeurs cherchent à travailler d’abord et avant tout sur les aspects intellectuels de la thèse, ce qui amène certains d’entre eux à se cantonner à un appui scientifique et à oublier de prendre en compte la réalité matérielle, sociale, mais aussi psychologique qui est celle du doctorant ; or ce dernier attend un soutien individualisé et entoure les relations avec son directeur d’une certaine émotivité. Un directeur peut ainsi laisser passer beaucoup de temps avant d’envoyer une appréciation laconique à son doctorant, sans se rendre compte à quel point le jeune chercheur peut interpréter cette attitude comme un signe de dédain et en être personnellement blessé et déconcerté. N’oublions pas que faire une thèse est un processus chargé d’affects et qui a des conséquences sur des aspects très divers de la vie ! Plus que diriger une thèse, bien sûr, même quand le directeur prend son travail à coeur.

Quêter l’approbation : les dérives de la relation doctorant/directeur

Les jeunes chercheurs se sentent souvent dépendants du regard du professeur, quêtant son approbation, et sont profondément découragés face à la critique. Ils perçoivent les remarques de leur directeur comme une sanction et une atteinte personnelle. Mais pour le directeur, critiquer un écrit, c’est simplement faire son travail ; en effet, pense-t-il, le doctorant doit savoir s’améliorer et apprendre à être fort face aux critiques, qu’il recevra tout au long de sa carrière.

 

Dans mon activité d’accompagnement auprès des jeunes chercheurs, j’observe souvent des cas où cette divergence de point de vue entre le directeur et le thésard est poussée à l’extrême. Certains doctorants voient, plus ou moins consciemment, une figure paternelle dans leur directeur et sont ainsi confrontés au problème de manque de confiance qui existe en eux depuis l’enfance. Ils sont obnubilés par le besoin d’obtenir l’approbation de leur directeur pour pouvoir avancer. De son côté, le directeur pense qu’il critique avec « neutralité » ( « froideur » selon le doctorant), qu’il traite son doctorant de façon toute professionnelle (ou « distante », « indifférente » selon ce dernier), et il limite son action à quelques remarques éclairantes sur l’avancement du travail, pour ne pas se laisser envahir (ce qui revient, pour le doctorant, à dire que le directeur lui répondra épisodiquement et ne le conseillera pas pour l’organisation matérielle de sa vie : bourses, déplacements etc). Dès lors le fossé d’incompréhension peut se creuser ; or il est établi que la qualité de la relation avec son directeur est un facteur important de réussite ou d’échec de la thèse.

Je n’aborde pas ici les divergences sur le fond qui peuvent également surgir : il doit en effet y avoir une certaine communauté d’intérêt et une certaine harmonie conceptuelle entre le directeur et le doctorant ; des positions scientifiques trop divergentes entre eux sont vraiment problématiques, et constituent une source permanente de conflits.

Pour introduire une note plus positive, je dois préciser que j’observe aussi souvent des cas où doctorant et directeur travaillent bien ensemble. Je ne les décris pas ici car j’ai choisi de parler des difficultés relationnelles qui peuvent survenir (ce qui fait que le tableau paraît un peu sombre…).

Évitez les malentendus !

Je voulais simplement terminer par un conseil simple : dès le début de votre thèse, parlez ! Dites à votre directeur ce que vous attendez de lui, et demandez-lui si cela est réaliste (nombre de rendez-vous par an, fréquence des relectures, appui pour des dossiers de candidature) ; demandez-lui également ce que lui attend de vous et mettez-vous d’accord. Ne vous percevez pas comme un subordonné de votre directeur : il peut devenir votre guide, certes, mais vous parlez entre adultes !

communiquez !Et vous, directeur (directrice), souvenez-vous du doctorant que vous avez été : désemparé (par moments), au milieu d’un processus de recherche qui impacte tous les aspects de sa vie, et souvent demandeur d’un fort soutien. Sans devenir son père ou sa mère, vous pouvez prendre en compte avec bienveillance les difficultés personnelles du doctorant car elles ont un impact sur le travail qu’il fournira.

Bref, veillez, si possible, à rétablir la confiance et à ne jamais couper la communication !

Avez-vous connu des difficultés avec votre directeur (ou bien, vous directeur, avec vos doctorants) ? Utilisez la zone de commentaires pour témoigner. Je vous remercie par avance de respecter l’anonymat de chacun.

 

51 commentaires

  1. Bonsoir, une véritable source d’enrichissement ce site, satisfait d’être tombé là dessus, après avoir parcouru les commentaire qui y figurent. Voici ma petite histoire :

    Tout comme cela pourrait être le cas dans bon nombre de Master 1, l’accompagnement de la rédaction du mémoire de recherche par un directeur de recherche a été une obligation du Master 1 dans lequel j’étais inscrit. De ce fait, après la licence, j’ai jugé nécessaire de prendre pour directrice de recherche la prof qui m’inspirait le plus. Coté pédagogie, il n’y a pas match. La qualité de ses cous ne faisait pour moi nul doute et j’ai véritablement senti une fusion dans nos manière de conceptualiser les idées. En outre, je partageais beaucoup l’approche par laquelle elle traitait des sujets dont elle est apparemment experte. Justement, Son expertise révélera tout l’envers du décore que j’appréciais. En effet, de primo, il s’agit d’une prof assez doublement réputée : à la fois pour ses compétences mais aussi pour son autorité. Evidemment, j’avais bien conscience de son caractère avant de la choisir comme directrice de recherche en Master 1. Mais, pour moi, la raison devait primer sur l’émotion. Autrement dit, je me suis leurré en imaginant que ses compétences à elle seule suffisait au bon déroulement de ce passionnant et difficile travail qu’est la rédaction d’un mémoire. Hélas, me connaissant naturellement réfractaire à l’autorité, nos rapports n’ont pas été de longue durée. Ceci étant dit, je dois vous assurer qu’à ce jour, je constate honnêtement la véracité des reproche qu’elle me faisait. Mais ce qui pose problème, c’est le registre assez directif et autoritaire à partir duquel s’exprimaient ses critiques. D’autant plus que ces critiques étaient d’ordre rédactionnel et normatif, beaucoup plus sur la forme que le fond. En gros, avec les autres étudiants qui étaient sous sa direction et qui partageaient cet avis. nous nous sentions assez surveillés comme des gamins. J’ai aussitôt détesté cette proximité. J’avais besoin d’autonomie dans le travail et j’ai finalement décidé de tapé du point sur la table et m’en aller. Cependant, le nouveau directeur de recherche que j’ai choisi était tout à fait différent car me laissait une grande autonomie au travail. Cette autonomie s’est doublement présentée comme un avantage et un inconvénient pour moi. D’une part, le fait de ne pas être suivis avec pression par un directeur de recherche m’a permis de libérer mes idées, de libérer ma créativité et de d’avancer dans mes recherches. A la fois en master 1 et en master 2, cette autonomie n’a pas été à mon désavantage en raison du fait que je proposais personnellement des sujets qui me passionnais sans laisser ce rôle à mon directeur de recherche. Au final, sur mon mémoire de Master 1 et Master 2, j’ai respectivement obtenu la note de 15.50/20 et 15/20. En revanche, l’inconvénient est de n’avoir du tout, mais du tout pas été suivi par mon directeur de recherche, même si mes sujets me passionnaient et que ces lacunes sont susceptible d’être très vites corrigées. Ces lacunes sont d’après mon constat, principalement liées à au style d’écriture ainsi qu’à la méthodologie de recherche, plus particulièrement par rapport aux normes de citation des auteurs. Ces limites ce sont très vites fait ressenties sur mon projet de thèse lorsque que je cherchais un directeur de thèse. J’ai heureusement eu la chance de tomber sur un directeur de thèse qui, en plus d’accepter de m’encadrer, s’est porté volontaire à corriger ( AVEC MOI ) ce projet de thèse. Comme quoi, je confirme vos commentaires antérieurs en soutenant que les rapports entre entre encadrant et encadré sont d’abord et avant tout une affaire de confiance. Maintenant, je vais à l’essentiel : La réalisation de mon rêve se profile : contre vents et marées (près de 400 mails expédiés partout à travers la France) j’ai finalement eu un directeur de thèse décidément voué à m’encadrer sur un sujet qui me passionne. Cependant, je ne souhaite pas de nouveau tomber dans le désenchantement de l’idolâtrie que j’ai eu à tenir au regard de mon ex – directrice de recherche. De ce fait, voici ce que je vous demande au regard de mon futur directeur de thèse :

    – Quels conseils me proposez vous à l’endroit de ce dernier ? Afin de ne pas succomber aux même erreurs dans ce travail de longue haleine ?
    – Les rapports encadrante / étudiant résultant de mon ancienne directrice de recherche sont t’ils hors du commun ?
    – Si toutefois mon directeur de thèse me confère la même autonomie, comment devrais-je réagir ? (même si j’estime avoir trouvé la juste équation et la bonne personne).

    Merci pour vos conseils, ils sont les bienvenus.

  2. Bonjour et merci pour vos témoignages… C’est réconfortant.

    Voilà, je vais peut-être arrêter ma thèse là, cet été. J’en ai trop assez des malentendus avec mon directeur (qui est très gentil, au demeurant). Cela fait deux ans que j’essaie de travailler comme il le souhaite, or ses vieilles recettes ne fonctionnent vraiment pas avec le nouvel objet qui est le mien. Il m’impose de travailler selon SA méthode (jusqu’à me dire comment disposer mes papiers sur mon bureau !!!). Il y a aussi de grosses différences entre ce que je rencontre dans mon travail de terrain et ce qu’il voudrait que je fasse (y appliquer des schémas qui sont sans objet pour moi). Bref, je lui ai envoyé un premier mail, auquel il a répondu en bottant en touche, disant qu’il ne faut pas s’épuiser pour une thèse, qu’il comprenait si j’arrêtais ! Du coup, rebelote, j’en envoie un autre où j’explique plus en détail que ses méthodes et ses vues ne peuvent pas être applicables de la manière dont il me les impose dans le cadre de mon propre sujet. J’argumente ainsi sans trop montrer mes affects (même si je suis complètement détruite à l’intérieur), et en signalant quand même que cette situation m’est très inconfortable car j’aimerais continuer en thèse. Double bind.
    Pas de réponse depuis 12 jours.
    J’en conclus qu’il laisse « passer ma crise » et qu’il la met sur le compte d’un caprice de doctorant… un rite de passage nécessaire, quoi. Je doute qu’il remette ses méthodes en question, mais du coup, c’est donc moi qui dois me sacrifier.

    Personne à qui parler… je me sens juste… morte.

    1. Bonjour, j’imagine qu’ écrire ce commentaire c’est une sorte d’appel au secours, et aussi le signe que dans le fond, vous ne voulez pas abandonner la thèse, et que vous ne voulez pas abandonner non plus votre liberté de chercheuse. Je vous comprends, la thèse est une aventure si personnelle ; bien sûr on reçoit des conseils, mais on ne peut avancer en se sentant incompris, forcé à accepter des postulats qui ne sont pas les nôtres. Ce serait tuer l’esprit même de la recherche. Vous décrivez une sorte d’impasse : c’est faire comme il dit ou… rien, ou « mourir ». Pourtant la vie n’est pas binaire, je vous invite sincèrement à trouver un autre chemin que ces deux voies insatisfaisantes. Commencez à envisager la possibilité de changer de directeur. C’est dur, mais vous ne serez pas la première à le faire ! Et ça peut sauver une thèse. Abordez sans détours le sujet avec votre directeur. Dites-lui, pas comme une menace, mais juste pour qu’il comprenne, que vous tenez à votre liberté, que vous souhaitez expérimenter votre méthode, que le doctorant n’est pas là pour appliquer mécaniquement les prescriptions du superviseur, et qu’en conséquence, s’il ne peut le comprendre, vous vous mettrez en quête d’un autre directeur. Ne baissez pas les bras, ne laissez pas tomber, battez-vous pour votre liberté, votre créativité. C’est ainsi que vous vous forgez en tant que chercheuse. Je vous souhaite beaucoup de courage et que vous retrouviez bientôt le plaisir de la recherche.

      1. Merci Emilie !!!

        En fait, je pourrais changer de directeur, mais pas dans ma spécialité et pas en France, car ce que j’étudie est plutôt… pionnier ! Mais là j’ai 40 ans et je suis fatiguée par les redirections, même ci cette thèse me tient tellement à coeur. Mon directeur fonctionne « à l’ancienne » malgré le fait qu’il s’intéresse à ces nouveaux thèmes. D’autres doctorants sont dans mon cas mais préfèrent s’adapter pour rester quitte à distordre la vérité constatée. Ethiquement, je trouve ça contraire à mon engagement scientifique…
        Merci en tout cas. Cet été je vais faire un travail de « détachement », car je n’espère pas que mon directeur me réponde, et, miracle, qu’il accepte un compromis avec la nouveauté…
        Bonne journée 😉

    2. Salut! Je traverse la même situation que toi. Mon encadreur a de vielles méthodes et en plus c’est un perpétuel recommencement avec lui. Je suis à ma 4eme année et la semaine dernière j’avais meme décidé de tout laisser tomber. Mais je me dis qu’il faut aller jusqu’au bout et devenir un meilleur encadreur. Tu es déjà avancé dans tes recherches, cherche à le rencontrer et discutent avec lui. Courage.

  3. Bonjour

    Comme d autres ici, je voulais vous remercier pour votre site;ça m a permis de tenir bon.
    Hélas, je suis tombé sur un directeur de thèse un peu lunatique. En pleines rédaction de ma thèse, j ai appris pasr mes collègues que le directeur de thèse ne voulait pas soumettre les papiers issus de mon projet de thèse (le motif étant qu’ il a pas le temps de jeter un coup d oeil). De plus, aujourd’hui j ai su qu’ il lançait une collaboration pour reproduire mon travail et présentait mes résultats comme étant ceux d un autre membre de l équipe et surtout pas moi

    Tout ça pour dire que la relation doctorant/directeur de thèse est très importante, et j ajouterai plus que le travail fourni

  4. Bonjour,
    Je voulais vous remercier pour ce site. Les commentaires précédents m’ont permis de relativiser la situation de fin de thèse.
    Je suis au moment de la dernière ligne droite, je devais déposer au début de la semaine et mon directeur a décidé de ne plus donner de nouvelle (pas de trace des corrections promises, calme plat d’un point de vue des démarches administratives et aucune réponse). L’imminence du dépôt de thèse m’angoisse légitimement je crois. Comme vous l’avez dit, c’est maintenant que 5 ans de travail seront évalués et oui je pense avoir besoin de reconnaissance. J’estime que mon travail est bon mais loin d’être parfait mais il faut un jour poser une limite et rendre. Au stress liés au contenu, s’est ajouté cette période de rupture totale de communication avec mon directeur alors qu’il m’avait demandé de faire de démarches précises et urgentes auxquelles il n’a pas réagi. Normalement les choses devraient se débloquer aujourd’hui mais je ne vois rien venir et je suis dans une fatigue nerveuse incroyable. Je me rends compte que mon directeur de thèse m’a menti (sans doute parce qu’il est débordé et qu’il na pas eu le temps de faire les démarches en question) mais même si je lui trouve toute les excuses du monde je suis vraiment triste et déçu.
    Je trouve que la relation entre un doctorant et un directeur de thèse est vraiment compliquée parce que le professeur nous sert de guide d’un point de vue scientifique mais il est aussi nécessaire de prendre une indépendance intellectuelle et de l’autonomie. Dans la cadre de mon travail, j’ai vraiment été limité dans mes initiatives par mon directeur comme s’il avait pas assez confiance en lui ou en moi pour me laisser explorer différentes pistes. Pourtant ses commentaires sont très positifs bons et les corrections proposées sont relatives à l’orthographe et à la mise en forme.
    Le doctorant est dépendant du directeur de thèse pour certaines démarches administratives et malgré un préparation scrupuleuse de chaque étape, je ne peux que déplorer l’absence de réaction et un temps important alors qu’il suffit parfois de signer un papier ou de transférer un courriel.

    Enfin, si la relation doctorant/directeur est censée être une relation entre adultes, j’ai à plusieurs reprise été associé à des étudiants de licence ou de master et cela sans nuance. Je pense que cette absence de valorisation ne m’a pas aidé à prendre confiance en moi. Je ne dis pas que c’est dévalorisant d’être associé aux étudiants mais il me semble qu’un doctorant peut se voir confier plus de responsabilités.

    Voilà pour mes relations à chaud dans les derniers moments avant la remise (ce qui explique également que mon texte soit très déconstruit). Peut-être que ces considérations rassureront d’autres doctorants ou permettront d’ouvrir un dialogue sur ce ressenti.
    Merci pour tout,

    Martin

    1. Bonjour Martin, merci pour votre témoignage… Encore une fois les malentendus et difficultés de communication avec le directeur sont soulignés. Vous avez raison, le doctorant est dans une position inconfortable, plus vraiment un étudiant, presque un professionnel, mais pas encore considéré comme tel… Pas facile ! Tenez-nous au courant de la suite des événements ! Bon courage pour tout,
      Emilie.

      1. Bonjour,

        Il a finalement repris contact et je dépose mardi. Je suis très content mais je reste sur mes gardes. Je me demande juste si c’est normal de devoir réagir au quart de tour et tout faire en dernière minute à cause de ces problèmes de communication (J’avais continué à travailler mais le stress aidant la concentration est perturbée).

        Bon week-end,

        Martin

  5. Chère Emilie,
    Votre post est très riche, et cible bien les problèmes que peuvent rencontrer les doctorants durant leur parcours.
    Il me semble néanmoins que certains Professeurs d’Université ne sont pas du tout faits pour encadrer des thèses, qui plus est lorsqu’elles visent une possible qualification.
    La raison me paraît évidente. Un problème d’ego se pose à eux !
    Ici, il n’est pas question de noter un étudiant, ni de valider un stage, mais de former un pair, ce qui est très différent.
    Certains Professeurs se retrouvent en fin de carrière sans ne jamais avoir eu de doctorants qualifiés placés sous leur direction, pourtant n’est-ce pas en cela que l’on reconnaît un bon directeur de thèse ?
    Encadrer un doctorant, c’est accepter qu’un jour, un rapport d’égal à égal s’instaure, mais je confirme qu’en droit, puisque j’en viens, beaucoup n’y sont pas prêts.
    Évidemment, ils ne l’avoueront jamais ouvertement.
    Se pose également la question du concours de l’agrégation en lui-même.
    Est-ce normal qu’un tel concours n’existe qu’en France, et que l’on puisse, au cours de la même année, ou sur deux ans seulement, passer du statut de doctorant à celui de Maître de conférence puis de Professeur ?
    Ici encore, un problème d’ego se pose.
    Où est l’introspection et l’évaluation régulière des pairs dans tout cela ?
    En Allemagne, on ne devient pas Professeur avant 40 ans. En France, on peut le devenir à 28 ou 30 ans.
    Voilà les quelques remarques vers lesquelles vos mots m’ont mené.
    Bien à vous. Benjamin.

  6. Bonjour tout le monde lire vos messages m’ont un peu remontée le moral! En effet étudiante en thèse depuis une semaine je déprime déjà. Je suis allée voir mon encadreur (le même que celui de master) et pour notre première réunion de thèse il m’a juste détruit le moral, en me disant que je n’avais pas tellement réussis mon master, que si je voulais on s’arrête là, que mon collègue avait déjà publié un papier en master alors que moi non etc.. j’étais vraiment anéantie… des conseils pour reprendre confiance en soi?

    1. Houlà, désolée que cette réunion se soit si mal passée Zahra. Dis-toi que si ton directeur ne te croyait pas capable de faire une thèse, il ne t’aurait pas acceptée comme doctorante. Donc apparemment il a juste voulu « te mettre la pression » pour te motiver, ce qui n’est pas très psychologue de sa part. Ne te laisse pas impressionner. Quant aux publications, ne t’inquiète pas, il est très fréquent de ne pas en avoir en début de thèse. Certains directeurs pensent que la « menace », le fait de montrer le côté négatif des choses va booster leur doctorant… sauf que ça produit souvent l’effet contraire. Maintenant que tu le sais, prends les choses avec plus de distance la prochaine fois, et surtout aie confiance en tes capacités.

      1. Merci énormément ma chère Emilie jamais je n’aurais imaginé que poster mon expérience ici me ferais autant de bien, ça fait des jours que je bloque et aujourd’hui je décide de me reprendre en main. Merci beaucoup 🙂

        1. Super ! J’en suis très heureuse et je te souhaite force et courage pour surmonter les obstacles de cette aventure initiatique qu’est la thèse.

    2. QUITTE ! Ça ne sert à rien de continuer avec un tel encadrant.
      Mais, commence à chercher un travail avant de leur balancer ta lettre de démission. Le jour ou tu signes ton nouveau contrat, tu lui plaque ta démission à la figure!

  7. Bonjour

    J ai un doute, est ce que le directeur de thèse peut empêcher le thésard de préparer les figures de sont projet de recherche? Bien besoin de conseils

    Merci

    1. Bonjour Saad, qu’appelez-vous « les figures de son projet » ? Pourquoi le directeur voudrait l’empêcher? Pouvez-vous préciser votre question?

  8. Bonjour,

    Je suis en première année de doctorat, depuis octobre, et mon directeur de thèse n’est pas vraiment du genre chaleureux… Il aurait souhaité garder son étudiant de master, donc notre relation n’a pas débuté sur les meilleures bases possibles! Il est distant, froid, et je suis terrifié à la perspective d’une réunion, car je redoute chacune de ses phrases, dont le ton sec ou de reproche peut conditionner mon moral pour des jours entiers…
    J’ai toujours l’impression de mal faire, de ne pas travailler assez, de ne pas en savori assez, et cela irait même jusqu’à me dégoûter de mon travail de thèse (je passe mon tempsà remettre en question ma légitimité et à me demander si j’ai bien choisi ma voie)…
    Je ne suis pas contre quelques conseils !!

    Merci d’avance,
    Matt.

    1. Bonjour Matt,
      Oui, c’est dommage que cette relation ne débute pas sur de bonnes bases. Si cela devenait trop dur, il faudrait envisager un changement de directeur. Mais laissez-vous quelques mois pour en décider. Essayez peu à peu de changer votre propre perspective, puisque vous ne pouvez pas changer son caractère à lui : vous êtes dans une phase d’apprentissage de la recherche, vous n’avez en aucun cas à être parfait. Il n’y a qu’en faisant des erreurs qu’on apprend, donc recevoir des critiques est inévitable. Ne vous placez pas, psychologiquement parlant, dans une position d’élève peureux et tétanisé, sinon la relation va s’instaurer comme ça. Acceptez les critiques de bonne grâce (au moins en apparence), voyez ce que vous pouvez en tirer de bon, et continuez votre travail sans vous démonter. Encore une fois, le fait de faire des erreurs est synonyme que vous êtes en train d’apprendre, c’est normal. Vous allez acquérir la confiance peu à peu. Par ailleurs n’attendez pas trop de votre directeur, ne vous enfermez pas dans une relation bilatérale avec lui et multipliez les contacts : allez dans des colloques, parlez à d’autres chercheurs etc. Cela vous fera une respiration. Bon courage, ne perdez pas la confiance en vous, ne vous laissez pas intimider.

      1. Bonjour,
        Merci de votre réponse et de vos conseils. Je sais que je devrais m’imposer moins de pression, mais j’avoue que c’est difficile à mettre en pratique !
        Je vais suivre vos conseils, encore merci,
        Matt

        1. Salut Matt,
          J’ai quasiment la même situation que le tiens. Je voudrais te demander qu’est-ce que tu as fait en fin? Tu l’as laissé ou ca passe bien maintenant?

          1. Salut,
            Désolé de répondre si tardivement !
            Ecoute, avec mon directeur les relations se sont un peu apaisées, même si ça n’est pas encore ça… je fonctionne maintenant par périodes, c’est-à-dire que je peux parfois mener ma barque tranquillement, et parfois être complètement paniqué par l’ampleur des choses que je ne maîtrise pas ! Donc je reste encore très instable, et le moindre pépin peut me déprimer pour des jours entiers… Donc c’est pas encore la joie, mais j’ai tout de m^me continué avec le même directeur, même si j’essaie de le voir le moins possible, et que ça m’est souvent reproché..; et toi, où en es-tu ?

          2. Bonjour Matt,
            Merci de ta réponse. Moi je suis exactement dans la même situation. C’est un peu mieux maintenant. J’ai parlé avec les doctorants précédents qui ont fait leurs thèses avec mon encadrant, on m’a aidé un peu sur la méthodologie du travail, comment agir pendant les présentation afin qu’il entend se qu’il plaît et comment dire « non » quand je ne peut pas finir un truc dans une durée du temps court et ridicule. Je suis quant même stressé d’être engueulé ( ! ) quand je suis au labo. Mais bon, je fait avec. En plus la semaine dernière, je devais rendre trois rapport en même temps, je n’ai pas fini aucun des trois. J’ai été trop stressé. A 4h du matin j’ai décidé de démissionner et finir cette torture…, le lendemain j’ai parlé avec eux et on m’a dit qu’on va diminuer un peu la pression mais voila c’est ça la thèse. Franchement j’arrive à comprendre des truc mais il me faut un peu de temps, surtout pour rédiger les rapports.
            J’ai décidé, si d’ici deux mois, la situation n’est pas amélioré, je vais démissionner.
            J’ai discuté avec beaucoup de monde, ces derniers moments, dans un conférence et on m’a proposé les sujets de thèse très intéressant dans le cas où je démission. Il y a un grand monde devant les portes de ces labos…
            J’ai adoré le sujet que je travail dessus, mais mon encadrant m’a dégouté…
            Je te mets au courant de ce que je vais faire… Bon courage, on va y arriver 😉

          3. Salut Amr,
            Tu en arrives finalement à envisager l’abandon de ta thèse ? C’est vraiment dommage qu’un directeur de thèse finisse par te dégoûter de ton travail… Après, tu sembles quand même motivé, ce qui fait ta force, car tu envisages tout de même de retenter une autre thèse. Moi, je doute tant de mes capacités et de mes acquis que je perds le goût de ma discipline…
            Tiens-nous au courant de ta décision, et bonne chance !!

  9. Bonjour,

    J’écris pour raconter la suite de mon aventure. Donc après insistance mon co-directeur m’a donné un rendez vous qui c’est bien passé, il a valider mon nouveau projet. Le lendemain ma directrice m’a contacté pour me proposer un rendez vous qu’elle vient d’annuler car elle est malade, mais elle me propose d’autre dates. Donc j’espère être réinscrite ce mois-ci. Je vous tiendrez au courant de la suite. En vous remerciant pour vos réponses,

    Cordialement.

  10. Bonjour,

    J’ai laissé un message fin septembre et je souhaite vous donner des nouvelles. Comme je n’avais pas de nouvelles de mes professeurs ni de mon dossier d’inscription, j’ai effectué une relance. Mon co-directeur n’avais pas l’air d’être au courant de ma non inscription et j’ai enfin eu une réponse de ma directrice. Elle a conservé le dossier tout ce temps car elle attendais que je lui donne rendez vous..alors que début septembre je lui ai donné mes disponibilités. Bref, elle me dit qu’elle veut un entretien avec mon co-directeur et moi avant de poursuivre. Et par rapport aux documents que je lui ai envoyé, elle ne trouve pas cela suffisant pour faire un planning clair de mon travail..Je lui ai répondu avec plusieurs personnes en copie, lui rappelant que je lui avais donnée mes disponibilités depuis un moment et que j’étais disponible actuellement. Je ne crois pas que tout cela soit normal, en effet elle me met au pied du mur alors que je n’ai eu aucun entretien avec elle l’année dernière. De plus j’ai proposé un travail clair et précis et je n’ai eu aucune réponse depuis plus d’un mois. Merci par avance de votre réponse.

    1. Cette année, j’ai rencontré beaucoup de cas similaires au vôtre parmi les doctorants. Le système d’évaluation en vue de réinscription est plus strict qu’avant, mais les acteurs ne sont pas rodés. On a l’impression que tout se précipite en dernière minute, que rien n’a été anticipé, que personne ne communique avec personne, et les professeurs sentent parfois qu’ils sont court-circuités par l’intervention d’autres acteurs (co-directeurs, comités…). Ce n’est pas très agréable et la pression retombe sur le doctorant. Vu la situation, il vaut mieux être conciliant : accepter ses conditions, car la priorité numéro 1 est la réinscription. Par contre ensuite il faudra en tirer les leçons, pour qu’une telle situation ne se reproduise pas. Il faudra définir à l’avance les échéances, les modalités de rencontre entre elle et vous. Enfin, et je le dis pour tous les doctorants qui nous lisent, anticipez le processus de réinscription dès le mois de juin. Mettez-vous d’accord avec le directeur sur les dates et les pré-requis dès ce moment. Bon courage à vous et à tous les lecteurs confrontés à ce problème.

    2. Hello,
      J’espère que la situation c’est éclaircie depuis le temps. Il faut juste savoir que les directeurs de recherche sont « débordés » de boulot (comme tout le monde tu me dira, mais avec grave de la paperasse et écriture de projets, conf,…). Donc si en plus il est pas bien organisé (bordélique) cela n’arrange pas les choses : ) . Quand tu envoie une telle chose (ou autre) je te conseil attendre 1 semaine max puis relancer et la si pas de réponse (donc Max 2 semaine) tu lui passe un coup de fil. Tu peux aussi contacter phd ou autre du groupe pour savoir si pas en vacance. Bref if faut juste te dire que pour eux tu n ai pas plus qu un piont (financer) pour mener le plus rapidement leur recherche. Donc cette situation chiante se répétera à coup sûre dans ton future ; il faut juste bien les gérer.
      Si se comportement te pose un trop grand problème je te conseil de voir un autre groupe car a par exception quand commence pas comme on veut des le début sa sent le roussie (pas en terme de travail résultats mais plutôt santé mental).
      Bref bon coutage

  11. SOS…AIDE:

    Bonjour,

    Je suis dans une galère. J’arrive en fin de ma quatrième année de thèse en physique.. Voila nous somme le 22 octobre et deux chapitres de ma thèse ne sont pas encore corrigé par mon directeur…A chaque fois que je demande une date de soutenance ou une date d’envoi des corrections des chapitres en questions, je n’ai que des réponses rassurante de la part de mon directeur..Sauf qu’ en réalité il n’avance pas du tout dans ces corrections ni dans la fixation d’une date…Sachant que je ne pourrais pas soutenir après le 10 décembre et qu’il est impossible de m’inscrire en cinquième année, je commence à m’inquiéter sérieusement…

    Je suis à la ramasse et je pense aller voir mon école doctorale pour leurs demander d’envoyer mon manuscrit tel qu’il est et dont j’en suis très fière (220 pages quand même), mais je craint beaucoup beaucoup la réaction de mon directeur…Peut il s’opposer à ma démarche? Pourrais je quand même soutenir?
    Merci de votre aide

    1. Bonjour Dalia,
      Je réponds un peu tardivement, comment a évolué votre situation? A priori en lisant votre message je pense que ce n’est pas une très bonne idée de passer outre l’opinion de votre directeur, même s’il tarde à la donner. Il vaut mieux soutenir avec lui, en ayant son soutien, qu’en l’ayant contre soi. S’il vous donne des réponses rassurantes, c’est que peut-être les choses ne vont pas si mal ; par contre il y a un problème de communication certain entre vous. C’est cela qu’il faut résoudre.
      Donnez-nous des nouvelles si vous le souhaitez ! Bon courage pour tout.

  12. Salut!
    Je suis contente de tomber sur ce site, il est très intéressant. J’aimerai avoir votre avis ainsi que celui de la communauté sur la situation à laquelle je fais face.

    J’ai commencé ma thèse il y à deux ans et au début tout se passait très bien, bon climat dans le groupe, bonne ambiance au laboratoire.. Bref, j ‘étais très motivée et j’avais de bons résultats. Ensuite j’ai vécu une situation très difficile au laboratoire. Cette situation m’a déstabilisée au plus haut point. Ça beaucoup impacté sur la qualité de mon travail. En somme j’allais très mal, j’avais du mal à travailler, à me concentrer , je n’obtenais plus de bon résultats, j’appréhendais les réunions avec mes encadrants, et je sortais de celles-ci encore plus démoralisée et déprimée puis le cycle reprenait.
    J’ai bien vu que j’avais de moins en moins de responsabilités, et que tout le travail était confié au post-doc de l’équipe. Ça ne m’a pas aidée du tout… Du point de vue de mes encadrants, je comprends que le financement étant à durée limitée il était important que le projet avance et en même temps, je réalisais que le plus gros de ma thèse était effectué par quelqu’un d’autre et que mon travail était réorienté..

    Aujourd’hui, j’ai juste l’impression d ‘être passée à coté de ma thèse et de n’avoir pas su faire la part des choses. J’ai du mal à me remotiver et je n’aimerai pas soutenir dans ces conditions, j’ai fait part à mon responsable de mon souhait d’arrêter. Il pense que je devrais continuer, que la nouvelle direction que prend mon travail est tout aussi intéressante.. J’ai du mal à le croire..

    Merci

    1. Bonjour, visiblement vous êtes passée par une grosse crise de doute et de démotivation, comme cela arrive fréquemment aux doctorants, et comme vous n’avez pas été soutenue, ou que vous avez eu la sensation d’être « enfoncée » par le reste de l’équipe, vous avez du mal à remonter la pente. Vous vous êtes enfermée dans une logique d’échec. Je suis sûre qu’il est possible d’en sortir. Il faut commencer par vous focaliser sur les points positifs et arrêter de ruminer le passé : votre responsable pense que vous devriez continuer : il n’a pas de vous et de votre travail l’image catastrophique que vous pensiez. Peut-être que votre jugement négatif sur vous-même est un peu biaisé, ou exagéré par votre manque de confiance et votre sentiment de délégitimation. Comme votre responsable est OK, je pense que vous pouvez vous accrocher, continuer votre travail, reprendre confiance peu à peu, prendre votre revanche sur le passé. Ce sera un beau défi. Je vous souhaite courage et bonne chance.

  13. Bonjour,
    Je viens de terminer ma première année de these et je ne sais pas si je dois continuer. En effet, j’ai quelques difficultés concernant mon sujet et je n’ai presque aucun contact avec mes professeurs. Je n’ai personne pour répondre a d’éventuelles questions ou difficultés. Ma professeure m’a envoyée un email pour prendre rendez vous prochainement mais je n’ai aucun retourdepuis deux semaines. De plus, elle m’a questionné sur un travail que je lui ai rendu il y a presque 3 mois, en me disant que ce n’était pas suffisant. Elle m’a également laissée entendre ma non réinscription en seconde année. J’avoue ne pas comprendre car j’ai assistée a presque tous les cours auxquels j’aurais du assistée sur trois ans, j’ai été présente a bon nombre d’événements et j’ai fait des recherches tout en travaillant a coté. Que dois je faire?

    1. Bonjour, visiblement le nerf du problème vient d’un manque de communication avec votre directrice. A cause de ce manque de communication, vous n’y voyez plus clair concernant votre sujet, concernant vos capacités à mener cette thèse : et vice-versa la directrice ne semble pas voir clairement le travail que vous fournissez. Il faut rapidement briser ce malentendu qui ne peut pas se résoudre tout seul. Il est important d’obtenir un rendez-vous en tête à tête avec elle : insistez pour l’avoir. Là, exposez-lui la nature de votre travail (vos recherches et participation à des événements), dites-lui que vous avez besoin de sa confiance pour continuer. Demandez-lui quelles seront les modalités du suivi de thèse : comment voit-elle ce suivi ? Un rendez-vous par trimestre? par an? Mettez-vous d’accord. Si ce qu’elle vous propose comme suivi est trop peu encadrant à vos yeux, demandez-lui si elle peut vous conseiller quelqu’un pour la « résolution de problèmes plus quotidiens », comme un tuteur, mais demandez-lui en essayant de ne pas la vexer… Bref, ne restez plus dans l’incertitude. Il faut poser les choses clairement. Bon courage à vous !

      1. Bonjour,

        Merci pour votre réponse. Depuis la fois dernière je n’ai toujours eu aucun retour, même de mon co-directeur. J’ai envoyée un mail a ce dernier afin de lui proposer une réorientation du sujet, ce qui a été évoquée il y a quelques mois. Malgré ma relance je suis toujours dans l’attente de savoir si je vais pouvoir me réinscrire. Si je n’ai pas de nouvelles d’ici la fin du mois j’envisage de demander un entretien avec le responsable du laboratoire. J’ai déjà effectuée l’année dernière une demande de suivi régulier qui n’a pas été prise en compte. Merci pour vos conseils. Je vous tiendrez au courant de la suite.

  14. Bonjour, je suis une étudiante en doctorat, bientôt ça va être la fin de ma première année.
    J’ai beaucoup problèmes avec mon tuteurs, qui est très mal organisé et dépassé par son travail, il n’arrête pas de disparaître, il me corrige mon travail très rarement si il le fais, n’arrange aucun meeting groupe pour favoriser les échanges dans notre groupe, me menace de me renvoyer chez moi quand je réclame (je suis une étudiante étrangère) et la cerise sur le gâteau il rapporte des faux informations a mon directeur de thèse (qui est son meilleur ami) que c’est moi qui ne fournis pas le travaille. J’ai essayer d’en parler avec mon directeurs de ma thèse en lui montrant mon travail et en essayant de travailler beaucoup plus avec lui mais celui-ci me et d’autant plus non disponible et me redirige vers mon tuteur et encore une fois je me retrouve dans la même situation. Mon travail n’avance pas comme il se doit, j’ai l’impression qu’il me fait perdre énormément de temps et que j’aurai pu apprendre beaucoup plus.
    La prochaine semaine nous allons avoir une réunion avec le directeur du département, j’aimerai avoir quelques conseils sur la façon dont je dois évoquer ces problèmes afin de trouver des solutions sans que tout cela ne prenne une mauvaise tournure pour eu ou pour moi. Sachant que dans ce programme doctoral chaque année il y a un comité qui décide si le doctorant doit continuer ou stopper son parcoure.
    Je vous remercie par avance

  15. Bonjour,
    Je suis un directeur de thèse. J’encadre un thésard depuis 22 mois. Ce thésard, qui est payé sous contrat pour un travail très clairement défini avant le démarrage de sa thèse a, deux mois après avoir commencé sa thèse, voulu changer de sujet de thèse car le projet du contrat ne l’intéressait pas. Cela a provoqué une situation très difficile pour moi car le travail pour lequel je me suis engagé ne sera pas fait. Malgré tout, j’ai accepté le nouveau sujet de recherche, vu que je n’ai pas le droit de demander à un thésard d’arrêter sa thèse, et je l’ai aidé dans ce nouveau sujet. La qualité scientifique du travail du thésard dans le nouveau sujet est assez médiocre, aussi bien au niveau théorique qu’expérimental. Les relations se sont beaucoup détériorées et le thésard a eu des comportements très violents et humiliants à mon égard. Je voudrais démissionner de son encadrement car je ne veux pas porter la responsabilité de ce travail. Comment dois-je procéder? Merci pour votre aide.

    1. Bonjour, je suis sincèrement désolée pour vous de cette situation. Cela montre d’ailleurs que les directeurs souffrent également quand la relation se passe mal. Vous avez raison de ne pas accepter de vous sentir humilié (e). Votre question est précise (comment procéder pour démissionner?) et je m’excuse de ne pouvoir y répondre, car honnêtement j’ignore tout de cette procédure. J’invite d’autres lecteurs, s’ils sont mieux éclairés que moi, à apporter des réponses. Néanmoins je vous donnerai un conseil que j’ai déjà donné plus bas : ne restez pas isolé (e). Vous devez pouvoir consulter vos collègues, le directeur du laboratoire ou un autre référent sur ce sujet, cela vous permettra aussi de relâcher la tension. Je vous souhaite bon courage, amicalement.

      1. merci pour votre réponse. Eh oui, on parle beaucoup des étudiants en détresse et pas du tout des encadrants en détresse… et nous sommes beaucoup de directeurs de thèse à devoir gérer des personnalités très difficiles, je dirais de plus en plus difficiles, de certains thésards. La législation protège les thésards, mais pas du tout les encadrants… le harcèlement peut aller dans les deux sens…

  16. Bonjour,
    Je suis un directeur de thèse d’un étudiant. J’ai donné beaucoup de mon temps et d’énergie pour que sa thèse soit parfaite. 6 semaine avant la soutenance je m’aperçois qu’il a envoyé aux rapporteurs une version de son manuscript qui est totalement différente de celle qui m’a communiquée et que j’ai corrigé dont j’attends toujours les corrections. Brefs, pour coronner tout cela, il a envoyé un message, très humiliant à mon égard avec beaucoup d’insultes à l’école doctorale et au
    directeur du laboratoire. Je ne cherche pas à faire des histoires et je tiens que cet étudiant soutient sa thèse puisque 4 ans de mes efforts sont attribuées à cette thèse. Je compte sur vos conseils.

    1. Bonjour, je comprends votre désarroi, car vous vous êtes fortement impliqué dans cette relation, ce qui est tout à votre honneur ; ce que je conseille dans ce cas est de ne pas s’enfermer dans une relation qui ne fonctionne plus mais de s’ouvrir et d’avoir recours à des arbitrages extérieurs, le directeur du labo par exemple est là pour apaiser la situation. Vous pouvez le consulter pour savoir quelle conduite tenir. Il vous connaît et je ne pense pas qu’une « lettre d’insultes » puisse l’influencer. Vous devez faire confiance à vos collègues pour vous guider et vous soutenir, vous pouvez demander une petite réunion à ce sujet. Ne vous enfermez pas dans une posture de confrontation. Je vous souhaite bon courage et quoiqu’il en soit, vous êtes presque au bout de ce chemin.

      1. Bonjour,
        Je suis une doctorante etrangere au chomage depuis plus d’un ans pour la simple raison…mon directuer de thèse peut prendre jusqu’a deux semaines afin de corriger 3 pages!!!…cerise sur le gateau je suis actuellement sans papier en attendant qu’il fasse sa derniere lecture et derniere correction avant de fixer une date…c’est l’humiliation….bon dans votre cas je pense vraimemt qu’une simple erreur de mauvaise version envoyer produite de la part de l’etudiant est a l’origine de ce conflit…ou simplement l’etudiant me croix pas dans votre facons scientifique de voir les choses et la c’est encore pire…je pense vraiment qu’il faut se reunir avec votre thesard…discuter a coeur ouvert avec lui…ce n’est pas grave si vous recontacter le jury pour lui renvoyer la bonne version…il comprendrons..au final on est des humain et tout peut s’arranger avec un petit peut d’ouverture d’esprit.

      2. Merci beaucoup Emilie pour vos conseil. Le problème est que j’en ai parlé à la directrice du laboratoire mais sans seul soucis est que le laboratoire doit avoir pleins d’étudiants qui soutiennent leur thèse à n’importe quel prix et elle m’a dit aussi que si l’étudiant ne soutient pas c’est très mauvais pour ma réputation et celle du laboratoire. Mon étudiant a bien compris la situation et il est bien à l’aise et chouchouté par la directrice du laboratoire.
        Que ferai-je dans ce cas? dois-je réagir ou je laisse l’étudiant de m’harceler encore et encore?
        Merci par avance de me guider.

  17. Je suis en grand problème avec mon encadreur. Il ne me reste que quelques semaines pour déposer mon travail et monsieur n’a pas seulement tenu ses promesses mais aussi il ne répond plus à mes mails. J’aurais pu terminer depuis plusieurs mois mais il marque à chaque fois un temps de silence pour enfin m’annoncer que le travail ne lui plaît pas. Il m’a changé quelques chapitres au dernier moment et m’a promis de terminer vite la correction parce que le temps presse, tout ce qu’il a fait c’est :Disparaître! Je ne sais plus quoi faire et j’ai peur d’avoir perdu deux ans pour finir sans diplôme!

    1. Bonjour Gaïa, je perçois beaucoup d’impatience et de stress dans votre message, ce qui est bien compréhensible : mais vous êtes tout près de la ligne d’arrivée, c’est le moment où il faut garder sang-froid et prudence. Envoyez un mail courtois à votre directeur en lui demandant un rendez-vous, en lui rappelant que vous attendez son feu vert pour déposer. Vous avez peut-être déjà envoyé d’autres messages mais vous pouvez en envoyer encore un ; en revanche je vous déconseille de vous fâcher avec lui, vous êtes à la fin du processus et ce serait contre-productif. S’il ne répond pas à cet ultime message, peut-être pouvez-vous en référer à une personne tierce ? Signaler les difficultés de communication au directeur du labo, par exemple. Mais toujours dans la courtoisie et dans un esprit de conciliation. Cela débloquera peut-être la situation. Bon courage !

      1. Bonjour,

        Merci beaucoup pour votre réponse,

        Vous avez raison, la courtoisie est la clé pour arriver à nos fins. Je garde encore ce qui me reste de sang froid parce qu’on y pensant, après tout j’ai besoin de lui pour me soutenir devant le jury 😀
        Enfin! J’ai pu le contacter, après avoir pensé à me diriger au recteur parce que sinon je n’aurais plus aucun choix.

  18. Bonjour,

    Je partage avec vous mes inquietudes vis avis de la fin de ma thèse et je souhaiterai avoir vos conseils:
    Je suis en thès en science, jusqu’ici tout s’est bien passer avec mon directeur de thèse. Pourtant, malgrer mon contrat qui s’est achever il y a un ans, j’etais contrainte de s’inscrire en quatrieme annee de these suite a la demande de mon directeur (probleme de redaction, pas assez de temps pour finir,…).
    Le plus genant c’est que depuis presque un an je suis sans salaire,a vie est bloquer, j’ai depasser les 200 pages de redaction et pourtant mon chef n’a pas lu encore mon manuscrit..la quatrieme annee s’achève bientot et je commence a perdre patience…je ne veux pas m’engeuler avec mes chefs, mais il faut qu’ils lisent et j’ai besoin d’au moin d’une date de soutenance….
    Que faire!!!!!!

    1. Bonjour, oui, c’est vrai que l’absence de retour ou la rareté des retours de la part du directeur peut être une grande source d’incertitude et de perte de confiance. Il arrive que des directeurs attendent que la thèse soit terminée, entièrement rédigée, pour la lire. Vous semblez être dans cette situation. Si vous voulez avoir un avis pour reprendre confiance en vous, vous pouvez contacter d’autres chercheurs intéressés par votre sujet et leur demander leur avis sur tel ou tel chapitre. Cherchez à multiplier les interlocuteurs et les discussions, en dehors de vos directeurs, pour briser l’isolement. De même si vous voulez obtenir une date de soutenance, il faudra sans doute pouvoir présenter le texte fini ; donc la priorité est de finir la rédaction, concentrez-vous là-dessus. Bon courage pour cette dernière et difficile ligne droite !

  19. Très bon article, qui révèle bien l’humanité de ces deux rôles.
    Il est clair que la relation doctorant/directeur de thèse n’est pas simple… Je me permets d’ajouter un commentaire sur l’apprentissage sur le tas du directeur de thèse qui apprend entre autres en se remémorant « le souvenir de sa propre thèse (on tend à reproduire ce qu’on a apprécié, et à éviter les méthodes dont on a un mauvais souvenir) ». Personnellement j’ai eu droit à des remarques de ma directrice qui me disait que comme elle a subit certaines choses pendant sa thèse c’est quelque chose de normal et je dois les subir également. Et en discutant avec d’autres doctorants j’ai eu souvent le même son de cloche. Du coup je ne suis pas sûre que le fait de se remémorer sa propre thèse soit forcément quelque chose de positif dans l’apprentissage de la direction de thèse.
    Je suis d’accord que la thèse révèle aussi un peu d’un rite de passage mais les difficultés engendrées par la recherche me semblent suffisantes pour rendre l’épreuve difficile.
    D’autre part je tiens aussi à souligner que le comportement d’un directeur de thèse peut changer au fur et à mesure des années de thèse. Personnellement, ma directrice démarrait tout juste son équipe lors du début de ma thèse. Nous avons beaucoup discuté et nous étions sur la même longueur d’onde. Avec les années sa façon de voir les choses a beaucoup changé et nous n’étions plus d’accord sur un certains nombre de sujets.
    Tout ça pour dire que de trouver un(e) directeur(rice) de thèse est tout aussi compliqué que de trouver un(e) amoureux(se). A quand un site de rencontre thésard/directeur ? 😉

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