Faire une thèse et avoir des enfants : est-ce compatible ?

Avoir un enfant est un bouleversement majeur dans une vie : vous voilà entièrement responsable d’un petit être qui demande beaucoup, mais vraiment beaucoup, de temps et d’attention. C’est un nouvel amour dans votre vie, mais d’un point de vue strictement pratique, c’est aussi beaucoup de contraintes !

Finie la liberté de travailler dès qu’on a l’inspiration, de s’absorber dans son travail, d’oublier de faire le dîner pour continuer à rédiger tel chapitre… Dorénavant, il faut faire face à une montagne de responsabilités ménagères liées au bébé. Quelle place va-t-il rester pour la thèse ?

Si vous faites une thèse et que vous avez des enfants, vous êtes confrontée à des difficultés de plusieurs ordres : sociales, émotionnelles, pratiques. Il faut apprendre à les surmonter pour donner à votre thèse la place qui lui revient.

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Ce que vous devez savoir sur le plan de thèse

Le plan de votre thèse, c’est l’itinéraire qui vous permet de vous guider dans un pays inconnu : sans lui, vous allez vous perdre. Un itinéraire, avec ses étapes, se prépare à l’avance ; et surtout, pour le décider, encore faut-il que vous ayez prévu un point de départ et un point d’arrivée…

Beaucoup de doctorants sentent que de la pertinence de leur plan découlera la qualité de leur thèse. C’est pourquoi il n’est pas rare de consacrer des semaines, voire des mois, à  réfléchir à son plan de thèse. Pourtant, à un moment, il faut se décider et faire confiance à son plan.

Dans cet article, j’ai décidé de répondre ici à certaines de vos questions les plus fréquentes.

Question 1 : Qu’est-ce qu’un bon plan de thèse ?

Le plan indique de quelles parties et sous-parties sera composée votre thèse ; il donne les titres de ces parties et si possible une synthèse en quelques lignes de ce qui y sera traité. Le plan est utile essentiellement au doctorant, c’est un « plan de travail » ; il doit aussi, en général, être présenté au directeur de thèse. Il deviendra peu à peu une vraie table des matières, complétée quand vous aurez fini la rédaction.

Un bon plan est un plan qui guide bien le rédacteur… mais aussi le lecteur ! Il doit être avant tout lisible, sinon c’est qu’il y a un problème. Que signifie lisible ? Que vous ne pouvez pas vous contenter de titres vagues, trop généraux ou jargonnants. L’argument de votre thèse (ce que vous avez à dire) doit apparaître dans votre plan.  Pour y parvenir, faites l’exercice d’écrire une petite phrase pour chaque partie ou sous partie, commençant pas « ici je voudrais démontrer que – ou vérifier si… ».  Les mots que vous emploierez dans cette phrase doivent apparaître dans le titre.

Bref, un bon plan exige un effort considérable d’argumentation et de synthèse. On ne peut pas le faire à la va-vite, car il impose de dessiner un véritable chemin argumentatif qui vous mènera vers la conclusion de votre thèse.

Question 2 : Quand doit-on faire le plan ?

Certains travaillent le plan progressivement, en fonction des hypothèses qu’ils dessinent pendant leur travail de terrain ; ces hypothèses finissent par former un schéma de pensée. Quand ils ont fini de récolter leurs données, leur plan est bien présent dans leur esprit.

Cela semble idéal, mais tout le monde ne fonctionne pas comme ça : chaque doctorant est différent. Vous allez peut-être vous retrouver au bout de deux ans de recherches avec plein de données plus ou moins en désordre, plein d’idées, plein d’hypothèses, sans savoir comment les hiérarchiser, dans quel ordre les traiter etc…

Je pense que le plan est très corrélé aux données, c’est-à-dire que c’est en faisant le tri de vos données (entretiens, documents, archives etc.) que vous parviendrez à faire votre plan. En effet, si vous ne savez pas encore ce que vous devez conclure de vos recherches, comment analyser vos lectures, ou vos entretiens par exemple, ce sera difficile de faire un bon plan.

Le plan s’effectue donc après le recueil des données, même si chez certains doctorants  qui  analysent leurs données au fur et à mesure il peut commencer à être pensé même avant que ces données soient toutes recueillies : mais il est de toute façon finalisé quand le travail de terrain est terminé et les résultats triés.

Question 3 : Par quoi dois-je commencer pour faire mon plan ?

Par définir ma question de recherche ! Je n’ai aucun doute là-dessus, la question de recherche est le fil d’Ariane, elle met de l’ordre dans le désordre: le plan doit être pensé comme une réponse articulée et argumentée à cette question. Relisez cet article à ce sujet.

Question 4 : Le plan doit-il être très détaillé ?

Ça dépend de deux choses : des exigences de votre directeur, éventuellement (certains exigent beaucoup de détails, d’autres pas du tout !) et surtout de votre propre caractère et de votre façon de faire.

Certains doctorants peuvent se représenter avec précision une idée avant de l’écrire ; ils en ont même besoin. Ils vont faire « spontanément » un plan très détaillé, en listant, hiérarchisant, ordonnant leurs idées a priori.

D’autres doctorants doivent écrire pour faire émerger leurs idées. Un plan très détaillé avant l’écriture leur est donc impossible.

En rédigeant, ils se mettent à suivre des pistes inattendues. Elles sont peut-être intéressantes, mais il faut les garder pour plus tard si elles ne correspondent pas au grand thème à traiter.

Vous vous reconnaissez dans ce portrait? Vous devez donc faire un travail de tri « sur le tas » en vous relisant pour classer les notions apparues à la rédaction : faire la chasse aux digressions, choisir d’incorporer les idées les plus pertinentes. Bref, le plan est constamment retravaillé, dans un travail de fourmi.

Si vous travaillez comme ça, assumez-le (vous n’êtes pas seul (e) !) mais veillez au moins à stabiliser de grands thèmes et voir dans quel ordre les traiter. Si vous fixez les grandes parties de votre thèse avant la rédaction (pas les sous-parties) ce sera déjà pas mal et ça vous orientera un minimum. Votre plan ne sera donc pas très détaillé : ça ne l’empêchera pas d’être pertinent si vous le faites avec soin et ne remettez pas sans cesse en cause ses grands axes.

Question 5 : Y a-t-il des modèles de plan ?

Je vois que l’on trouve sur internet des « plans-types » (je vous laisse chercher, merci Google). Je ne vous le proposerai jamais car cela peut vous mener droit dans le mur en vous évitant de réfléchir à votre argument de recherche.

Personne ne sera jamais en mesure de vous donner un « bon » plan préfabriqué. Si vous pensez vous en sortir en appliquant une recette (de type : partie 1 : cadre théorique, partie 2 : problématique, patrie 3 : méthode etc…) vous risquez de mauvaises surprises car même un tel plan exige une solide réflexion. Il n’existe pas de modèle mais des schémas récurrents : il y a des plans thématiques, des plans dialectiques (sur le fameux modèle thèse, antithèse, synthèse), des plans déductifs.

Certaines disciplines favorisent les plans thématiques (chaque partie correspond à un grand thème, une grande hypothèse de votre travail, le cadre théorique est construit au fur et à mesure de la thèse) et d’autres favorisent des plans très classiques suivant un modèle de raisonnement issu des sciences dures, où on expose la théorie avant d’expliquer l’expérimentation qui teste une hypothèse (dans ce cas le cadre théorique vient au début de la thèse).

Dans l’un ou l’autre cas, connaître votre question de recherche et comment vous allez tenter d’y répondre AVANT de faire le plan est le travail nécessaire que vous ne pouvez pas vous économiser.

Je finis en vous donnant un conseil simple mais qui, je l’espère, vous sera très utile : n’hésitez pas à aller sur http://www.theses.fr/   pour consulter les plans des thèses de votre discipline (voyez-en plusieurs). Vous connaîtrez ainsi les usages dans votre domaine. Vous vous rendrez compte que certains plans sont lisibles, clairs, et d’autres abscons ; cela vous encouragera à mettre de la clarté dans votre propre plan.

Bonne chance pour cette étape cruciale !! Si vous avez d’autres questions laissez-les en commentaires !

 

 

 

 

 

 

Comment écrire un bon article pour une revue scientifique ?

Ça y est, votre proposition de communication est acceptée et vous allez pouvoir écrire un article ! C’est une étape importante de votre parcours : vous devez prendre l’habitude de diffuser vos résultats ( et vous trouverez ici une vidéo sur l’étape précédente : comment trouver une revue pour publier notre article ?).

Alors, comment allez-vous vous y prendre maintenant ? Le premier réflexe est souvent de rechercher quelle forme doit avoir l’article ; de quelles rubriques il doit être constitué, car bien sûr, vous ne voulez pas être pris en défaut.

Mais attention, la qualité de votre article ne tiendra pas qu’au respect des « normes » de rédaction mais plus encore à la pertinence des résultats que vous exposez et au plaisir que l’on prendra à vous lire. Comment parvenir à écrire un article utile pour les autres et passionnant ?

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Comment écrire la conclusion de sa thèse ?

Vous vous demandez comment vous trouverez encore le courage d’écrire une conclusion quand vous aurez fini de rédiger votre thèse … Et surtout, qu’est-ce que vous pourrez bien trouver encore à dire d’intéressant ?!!

La conclusion générale est une partie très importante de la thèse, et pourtant on est souvent à bout de souffle quand on y arrive.

Voici quelques conseils pour réussir tout de même cette dernière étape de la rédaction.Continue reading →

Comment écrire un projet de thèse convaincant ?

C’est avec le projet de thèse que tout commence pour vous, si vous avez envie de faire une thèse. Vous allez l’envoyer à des professeurs intéressés par votre thème de recherche, pour leur demander de devenir votre directeur ou directrice. Le projet de thèse peut également servir dans le cadre de demandes de financement. Les enjeux sont donc très importants : il faut convaincre ! C’est aussi une occasion d’affiner votre questionnement et de poser de premières hypothèses, bref de mettre un pied dans la recherche.

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Les références bibliographiques : choisir et lire efficacement

« Qu’est-ce je dois lire ? Est-ce que je lis assez ? Comment comprendre et retenir ce que je lis ?  »

Vous vous reconnaissez dans ces interrogations ? Elles reviennent périodiquement dans l’esprit des jeunes chercheurs.

Lire des ouvrages ou articles universitaires représente une partie non négligeable du travail des doctorants. En écrivant une thèse, on est censé se positionner dans un débat académique : il faut donc prendre connaissance des ouvrages des autres chercheurs sur les thèmes que nous abordons. Cette exigence est une source d’inquiétude et peut mener à un vrai blocage, car on peut perdre beaucoup de temps à vouloir tout lire, sans ordre et sans méthode.

Alors comment lire efficacement et sereinement ? Voici des conseils pratiques qui vous permettront, je l’espère, d’avoir un rapport plus apaisé à la bibliographie.

 

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Finir sa thèse… malgré les contraintes !

Ah, si l’on pouvait faire sa thèse dans des conditions idéales ! Sans problèmes d’argent, sans échéances trop stressantes… Mais c’est rarement le cas. Chaque doctorant fait sa recherche dans un contexte particulier, plus ou moins difficile. Vous avez soit des problèmes de temps, soit des problèmes de financement, soit les deux. Peut-on faire une bonne thèse malgré ces contraintes ?

Devoir être "multitâche", un stress supplémentaire
Devoir être « multitâche », un stress supplémentaire

J’ai posé la question à une jeune docteure qui vient de soutenir sa thèse en sciences de l’information et de la communication, Mariana. Elle a fait sa thèse en 4 ans, en consacrant la dernière année entièrement à la rédaction. Je veux aujourd’hui vous présenter son témoignage qui est utile, non pas en tant que modèle à suivre (chaque situation est différente) mais parce qu’il contient des éléments de réflexion, et même de débat, intéressants.

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Que dire dans sa présentation pendant la soutenance ?

Au début de chaque soutenance, le candidat est amené à présenter son travail au jury et dispose pour cela, généralement, d’une vingtaine de minutes. J’ai souvent observé que cette présentation « donnait le ton » de la soutenance. Un texte ennuyeux sera poliment écouté ; mais un discours qui donne du sens à votre recherche, qui intéresse le jury, qui l’aide à comprendre qui vous êtes et toute la passion que vous avez mise dans votre travail (même s’il est imparfait), ce sera bien mieux ! Vous êtes tout à fait capable de préparer un tel texte, et pour cela je vous donne ici quelques conseils.

Pendant votre soutenance

Une règle d’or  : ne résumez pas votre thèse. Les membres du jury l’ont lue (enfin, normalement). Les rapports de thèse contiennent souvent une sorte de synthèse. Alors, pas la peine de se répéter. Il vaut mieux « mettre en récit » votre recherche, lui donner de la vie et du souffle.

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4 bonnes attitudes pour réussir sa soutenance !

Ah ! la soutenance…. Quand je rédigeais ma thèse, la simple évocation du mot suffisait à faire monter en moi une vague d’angoisse ! Depuis, j’ai assisté à de nombreuses soutenances et je peux dire qu’il n’est pas si difficile de réussir cette épreuve.

Une soutenance au XVIème siècle... ça avait l'air animé !
Une soutenance au XVIème siècle… ça avait l’air animé !

« Réussir » ne signifie pas éviter toutes les critiques, d’ailleurs : elles font partie du jeu. Voici 4 grandes qualités que vous devez cultiver, en tant que candidat, pour montrer au jury le meilleur de vous-même et de votre travail.

Soyez…

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Comment préparer une communication orale?

Imaginez la scène. Vous assistez à un colloque, et l’on passe la parole à un jeune chercheur qui a 20 minutes pour présenter sa « communication ». Visiblement mal à l’aise, celui-ci se raccroche à son texte et commence à lire d’une voix monocorde et plutôt faible. Un ennui discret s’installe dans la salle, les minutes passent tant bien que mal puis l’intervenant vient à bout de sa présentation et laisse la place au suivant.

Sa recherche est peut-être passionnante : mais personne ne le saura, car personne n’a pu le suivre au-delà des trois premières minutes. Avez-vous déjà vécu cela ? Avez-vous déjà été cet intervenant timide ou ce spectateur somnolent ? Probablement, car cette scène est d’une grande banalité !

On oublie souvent d’enseigner aux jeunes chercheurs comment communiquer à l’oral. Il s’agit pourtant d’une compétence cruciale pour diffuser son travail et rencontrer des collègues… et même pour réussir sa soutenance !

Une présentation ennuyeuse est souvent le fait d’un intervenant timide, apeuré, ou mal préparé. Voici 4 règles incontournables pour éviter que votre présentation plonge tout le monde dans l’ennui !

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